Lorsqu’un salarié est embauché en Contrat à Durée Déterminée (CDD), la question de la rupture anticipée peut rapidement se poser en cas de problème.
Dans cet article, on répond à toutes les questions les plus fréquemment posées sur la rupture d’un Contrat à Durée Déterminée (CDD).
Est-il possible de rompre un contrat à durée déterminée (CDD) ?
Un Contrat à Durée Déterminée (CDD) est, par nature, conclu pour une période précise et ne devrait pas prendre fin avant la date prévue. Néanmoins, la législation française encadre certaines situations dans lesquelles une rupture anticipée du CDD est possible. La rupture du CDD avant son terme n’est donc pas libre : elle doit répondre à un ou plusieurs cas bien identifiés légalement.
Comment rompre un CDD avant la fin ?
Pour mettre fin à un CDD avant son échéance, il existe plusieurs cas autorisés par la loi :
- Accord entre les parties : L’employeur et le salarié peuvent, d’un commun accord, décider de mettre fin au CDD avant terme. Cette solution amiable doit être formalisée par écrit.
- Faute grave : Si l’une des parties commet une faute grave, le CDD peut être rompu immédiatement.
- Inaptitude du salarié : Si un salarié est déclaré inapte par la médecine du travail et qu’aucun reclassement n’est possible, l’employeur peut prononcer la rupture anticipée du CDD.
- Embauche en CDI : Le salarié qui justifie d’une embauche en CDI ailleurs peut rompre son CDD de façon anticipée, à condition de respecter un préavis.
- Force majeure : En cas de survenue d’un événement extérieur, imprévisible et irrésistible (catastrophe naturelle, destruction totale des locaux, etc.), empêchant définitivement la poursuite du contrat, le CDD peut être rompu.
Comment se passe une rupture à l’amiable de CDD ?
Contrairement à la rupture conventionnelle, qui est une procédure spécifique aux Contrats à Durée Indéterminée (CDI), une rupture à l’amiable est possible pour un CDD mais n’obéit pas aux mêmes règles. Cette démarche, également appelée résiliation d’un commun accord, permet à l’employeur et au salarié de mettre fin au contrat avant son terme en convenant ensemble des modalités.
Pour être valide, cet accord doit impérativement être formalisé par écrit, en précisant les conditions de la rupture, notamment la date de fin effective du contrat et les éventuelles indemnités.
Dans le cadre de cette rupture amiable, le salarié conserve tous ses droits et bénéficie de l’indemnité de précarité prévue pour les CDD. Celle-ci correspond généralement à 10 % de la rémunération brute totale perçue durant le contrat, sauf dispositions plus avantageuses prévues par la convention collective ou un accord spécifique.
Comment se passe une démission de CDD ?
La démission d’un CDD n’est pas un acte courant, car ce type de contrat n’est pas censé être rompu avant son terme. En réalité , un salarié en Contrat à durée déterminée ne peut pas démissionner.
Toutefois, le Code du travail autorise le salarié à quitter son CDD de manière anticipée s’il justifie d’une embauche en CDI dans une autre entreprise, ou bien d’une requalification de son CDD en CDI. Dans ce cas :
- Le salarié doit notifier à l’écrit à l’employeur son embauche en CDI.
- Il doit respecter un préavis, dont la durée est généralement fixée à un jour par semaine de contrat restant, dans la limite de deux semaines (en jours ouvrés).
- Aucune indemnité de fin de contrat n’est versée, sauf accord contraire.
Comment se passe un licenciement de CDD ?
Le licenciement d’un salarié en CDD est envisageable uniquement en cas de faute grave, ou d’inaptitude du salarié.
Licenciement pour faute grave du salarié
L’employeur doit engager une procédure disciplinaire (convocation à entretien préalable de licenciement, notification de la sanction, etc.). La rupture du contrat à durée déterminée est alors immédiate, et le salarié peut perdre ses droits à certaines indemnités. Cependant, le salarié a tout de même droit à ses indemnités de congés payés.
Licenciement pour inaptitude
Si le salarié est déclaré inapte à son poste par la médecine du travail et qu’aucune solution de reclassement n’est possible, l’employeur peut prononcer la rupture du contrat à durée déterminée (CDD). Le salarié perçoit alors une indemnité spécifique d’un montant au moins égal à l’indemnité légale de licenciement. Néanmoins, si l’inaptitude est d’origine professionnelle, elle ouvre droit à une indemnité plus élevée. Elle est alors de l’ordre du double de l’indemnité de base.
Comment se passe une rupture de Contrat à Durée Déterminée (CDD) pour force majeure ?
La force majeure est une situation exceptionnelle qui permet de mettre fin à un Contrat à Durée Déterminée (CDD) avant son terme. Selon le Code du travail, elle se définit comme un événement extérieur, imprévisible et irrésistible, rendant impossible la poursuite du contrat. Des exemples typiques incluent des catastrophes naturelles (inondations, incendies, tremblements de terre) ou des événements économiques majeurs (destruction totale des locaux de l’entreprise).
Les étapes de la rupture pour force majeure
Pour commencer, l’employeur doit démontrer que l’événement répond aux critères de force majeure (extérieur, imprévisible, irrésistible). Si ce n’est pas évident, une contestation judiciaire peut survenir.
Ensuite, l’employeur doit informer le salarié de la rupture du CDD par écrit, en expliquant les raisons précises liées à la force majeure.
Contrairement à d’autres modes de rupture, la force majeure met fin immédiatement au contrat sans préavis.
Indemnités en cas de force majeure
En cas de rupture pour force majeure, le salarié n’a pas droit à l’indemnité de précarité généralement versée à la fin d’un CDD. Cependant, il perçoit les droits suivants :
- Salaire dû jusqu’au jour de la rupture ;
- Indemnités compensatrices de congés payés, si des congés restent à solder.





