À chaque nouvelle année, les taux de cotisations peuvent évoluer et doivent être scrupuleusement actualisés dans les bulletins de paie. 2026 ne fait pas exception : quelques taux changent, tandis que d’autres restent stables, et le plafond de la Sécurité sociale est relevé.

Taux de cotisations 2026 pour les salariés et pour les employeurs
Tableau synthétique : Principaux taux de cotisations 2026 (maladie, vieillesse, plafonnée/déplafonnée, allocations familiales, chômage, retraite complémentaire…)
Le tableau suivant récapitule les principaux taux de cotisations et contributions sociales en 2026 pour le secteur privé, en précisant l’assiette de calcul, le taux côté salarié et côté employeur, ainsi que les limites ou particularités (plafond, seuils, etc.). Ces taux sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026 :
| Cotisation / contribution | Assiette (base de calcul) | Taux salarié | Taux employeur | Plafond / limite / notes |
| Assurance maladie – Maladie, maternité, invalidité, décès (sécurité sociale) | Salaire brut déplafonné (totalité du salaire) | – | 13 % (taux plein)
7 % (taux réduit) |
Taux réduit applicable uniquement aux rémunérations ouvrant droit, pour l’employeur, à une réduction dégressive spécifique de cotisations patronales (Lodeom, TO-DE, AAD) ainsi qu’aux exonérations zonées (ZRD, ZFRR, ZFU). |
| Contribution Solidarité Autonomie (CSA) | Salaire brut déplafonné | – | 0,30 % | Contribution employeur finançant l’autonomie (dépendance). |
| Assurance vieillesse – part déplafonnée (vieillesse sur totalité) | Salaire brut déplafonné | 0,40 % | 2,11 % | S’applique sur 100 % du salaire (toute tranche). |
| Assurance vieillesse – part plafonnée (vieillesse sur tranche A) | Salaire plafonné à 1 PSS
(48 060 € annuel en 2026) |
6,90 % | 8,55 % | S’applique uniquement jusqu’au plafond Sécurité sociale (Tranche A). Au-delà : plus de cotisation vieillesse plafonnée. |
| Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO – Tranche 1 | Salaire plafonné à 1 PSS | 3,15 % | 4,72 % | Tranche 1 : jusqu’à 1 PSS annuel. Taux contractuels AGIRC-ARRCO (cadres et non-cadres). |
| Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO – Tranche 2 | Salaire compris entre 1 PSS et 8 PSS | 8,64 % | 12,95 % | Tranche 2 : de 1 à 8 PSS (jusqu’à 384 480 € annuel). S’applique sur la part du salaire au-delà du plafond Sécu. |
| Allocations familiales | Salaire brut déplafonné | – | 5,25 % (taux plein)
3,45 % (taux réduit) |
Taux réduit applicable uniquement aux rémunérations ouvrant droit, pour l’employeur, à une réduction dégressive spécifique de cotisations patronales (Lodeom, TO-DE, AAD) ainsi qu’aux exonérations zonées (ZRD, ZFRR, ZFU). |
| Accidents du travail / Maladies pro (AT/MP) | Salaire brut déplafonné | – | (taux variable) | Taux notifié par la CARSAT selon la branche et la sinistralité de l’entreprise. Taux moyen ~2,08 % en 2026. |
| Assurance chômage (UNEDIC) | Salaire plafonné à 4 PSS
(≈ 192 240 € en 2026) |
– | 4,00 % | À la charge de l’employeur uniquement (depuis 2019). S’applique jusqu’à 4 fois le plafond (4 PSS). Pas de cotisation chômage au-delà de ce seuil. |
| Cotisation AGS (Garantie des salaires) | Salaire plafonné à 4 PSS | – | 0,25 %
(0,03 % intérim) |
Cotisation patronale finançant l’AGS (assurance des salaires en cas de faillite employeur). Taux réduit à 0,03 % pour les entreprises de travail temporaire. |
| FNAL (Fonds logement employeur) – Entreprise < 50 salariés | Salaire plafonné à 1 PSS | – | 0,10 % | Entreprises de 1 à 49 salariés : cotisation FNAL limitée au plafond Sécu (0,10 %). |
| FNAL – Entreprise ≥ 50 salariés | Salaire brut déplafonné | – | 0,50 % | Entreprises de 50 salariés et plus : cotisation due sur la totalité du salaire (taux unique 0,50 %). |
| Contribution formation professionnelle
(incluant taxe d’apprentissage part principale) |
Salaire brut déplafonné | – | 0,55 %
1,00 % |
Taux de la contribution formation professionnelle continue (et alternance) : 0,55 % si < 11 salariés, 1 % si ≥ 11 salariés. (Alsace-Moselle : voir taxe apprentissage ci-dessous) |
| Taxe d’apprentissage – part principale | Salaire brut déplafonné | – | 0,59 %
(0,44 % Alsace-Moselle) |
Part principale de la taxe d’apprentissage, due uniquement par les entreprises ≥ 11 salariés. Taux réduit à 0,44 % dans les départements 67, 68, 57 (et pas de “solde”). |
| Taxe d’apprentissage – solde (13% restant) | Salaire brut déplafonné | – | 0,09 %
(néant Alsace-Moselle) |
Fraction “solde” de la taxe d’apprentissage (0,09 % de la masse salariale), due par les entreprises ≥ 11 sal. hors Alsace-Moselle. Versement annuel (mai N+1). |
| Contribution CPF-CDD (formation sur CDD) | Salaire brut déplafonné (CDD uniquement) | – | 1 % | Contribution employeur sur les salaires des CDD (hors contrats d’apprentissage ou professionnalisation). Permet de financer le CPF des salariés en CDD. |
| Contribution au dialogue social (ex : CSA distinct) | Salaire brut déplafonné | – | 0,016 % | Cotisation patronale pour le financement du dialogue social (TRS – très faible taux fixe pour toutes les entreprises). |
| CSG imposable (non déductible) | 98,25 % du salaire brut
(limité à 4 PSS) |
2,40 % | – | Prélèvement salarial (sur 98,25 % du brut). Part de CSG non déductible du revenu imposable (contribuant à l’impôt via la CSG). |
| CSG non imposable (déductible) | 98,25 % du salaire brut
(limité à 4 PSS) |
6,80 % | – | Prélèvement salarial représentant la part de CSG déductible du revenu imposable. Total CSG = 9,20 %. |
| CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) | 98,25 % du salaire brut
(limité à 4 PSS) |
0,50 % | – | Prélèvement salarial de 0,50 % s’ajoutant à la CSG. Non déductible fiscalement. Vise à rembourser la dette de la Sécurité sociale. |
| Cotisation maladie supplémentaire Alsace-Moselle | Salaire brut déplafonné | 1,30 % | – | Cotisation salariale spécifique pour les salariés des départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle (régime local d’Assurance maladie). |
Ce tableau couvre les principales cotisations et contributions applicables en 2026. Il convient de noter que d’autres cotisations spécifiques peuvent exister selon les situations (par exemple, la cotisation APEC de 0,024 % pour les cadres, la contribution supplémentaire d’apprentissage pour les grandes entreprises n’atteignant pas un quota d’alternants, etc.). Les taux indiqués sont ceux de droit commun pour le régime général privé. Le calcul précis de la base CSG/CRDS est explicité ici : https://la-paie-facile.com/calculer-csg-crds/
Pourquoi les taux de cotisations 2026 sont-elles un enjeu majeur ?
Rôle des cotisations sociales dans le financement de la protection sociale
Les cotisations sociales sont la clef de voûte du financement de la protection sociale en France. Chaque mois, employeurs et salariés cotisent pour alimenter les caisses de Sécurité sociale, d’assurance chômage, de retraites, etc. Concrètement, ces cotisations servent à payer les soins de santé des assurés, les pensions de retraite des aînés, les indemnités chômage des demandeurs d’emploi, les allocations familiales, et bien d’autres prestations de solidarité.
Ainsi, derrière chaque pourcentage de cotisation se cache un enjeu de financement : un taux qui augmente renforce les recettes d’un régime (mais alourdit le coût du travail ou réduit le net du salarié), tandis qu’un taux qui diminue allège les charges mais peut fragiliser le financement des prestations.
En 2026, comme chaque année, il est important de s’assurer que les bons taux de cotisations sont appliqués. Toute erreur de pourcentage peut entraîner des écarts de paie, des régularisations a posteriori ou des sanctions en cas de contrôle.
Contexte 2025-2026 : revalorisation du plafond de la Sécurité sociale et ajustements des taux
Chaque début d’année, plusieurs paramètres de paie sont ajustés. Pour 2026, le plafond de la Sécurité sociale (PSS) a été revalorisé d’environ +2 %. Il passe ainsi à 48 060 € par an en 2026 (soit 4 005 € par mois), contre 47 100 € annuel en 2025. Cette augmentation du plafond implique que les cotisations plafonnées (celles calculées uniquement jusqu’à une limite de salaire) s’appliqueront sur une base un peu plus élevée en 2026.
En parallèle, la loi de financement de la Sécurité sociale a introduit quelques ajustements de taux importants au 1er janvier 2026. Notamment, le taux de cotisation patronale d’assurance vieillesse déplafonnée (qui s’applique sur la totalité du salaire) est relevé de 2,02 % à 2,11 %.
Autre évolution notable : le taux moyen national des cotisations accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) diminue de 2,12 % à 2,08 % en 2026. Cela signifie qu’en moyenne les entreprises verront une légère baisse de leurs cotisations AT/MP. Attention toutefois : chaque entreprise a son taux AT/MP spécifique notifié par la CARSAT, qui dépend de sa sinistralité et de sa branche d’activité. Votre taux particulier peut donc augmenter ou diminuer différemment de la moyenne nationale.
Comprendre les grandes catégories de cotisations sociales
Distinction claire : cotisations salariales, patronales et contributions assimilées (CSG, CRDS, forfait social…)
Sur un bulletin de paie, on distingue deux grandes catégories de cotisations :
- Les cotisations salariales : ce sont celles prélevées à la charge du salarié, directement déduites du salaire brut. Elles diminuent le salaire net. Par exemple, la cotisation vieillesse salariale (6,90 % sur la part plafonnée du salaire) et la part salariale de la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO sont des cotisations salariales. Jusqu’en 2018, il existait aussi une cotisation salariale chômage (désormais supprimée). Les cotisations salariales ouvrent des droits directs pour le salarié (droit à la retraite de base, retraite complémentaire, etc., proportionnels à ce qui a été cotisé).
- Les cotisations patronales : ce sont les cotisations à la charge de l’employeur. L’entreprise les calcule sur le salaire du salarié mais les paye en plus du salaire brut (elles n’affectent pas le net du salarié, mais augmentent le coût total du salarié pour l’employeur). On y trouve l’assurance maladie (13 % ou 7 % réduit), les cotisations d’allocations familiales (3,45 % ou 5,25 %), l’assurance chômage (4,00 %), la cotisation accidents du travail (taux variable), la part patronale de la cotisation vieillesse (8,55 % plafonnée + 2,11 % déplafonnée en 2026), etc. Elles financent majoritairement les mêmes risques que les cotisations salariales, en partageant l’effort entre employeur et employé.
À côté de ces cotisations contributives (qui conditionnent des droits pour le salarié), il existe des contributions assimilées :
- La CSG-CRDS notamment, prélevée sur le salaire, est qualifiée de “contribution” sociale car elle finance la protection sociale de façon globale sans ouvrir de droits supplémentaires individuels. En 2026, elle représente 9,20 % + 0,50 % = 9,70 % du salaire brut (abattu) à la charge du salarié.
- Le forfait social (à la charge de l’employeur) est également une contribution portant sur certains éléments de rémunération exonérés de cotisations (intéressement, participation… – taux généralement 20 % ou 10 % selon les cas).
Ces contributions assimilées se distinguent par leur objet et leur assiette spécifique, mais dans la pratique du bulletin de paie elles sont gérées comme des prélèvements sociaux supplémentaires.
Les trois types d’assiette (brut, plafonné, déplafonné) et leur impact sur le calcul
Lors du calcul de chaque cotisation, il faut déterminer son assiette, c’est-à-dire la base de salaire sur laquelle le taux s’applique. On distingue trois types d’assiettes de cotisation :
- Assiette brute (salaire brut total) : la cotisation est calculée sur l’intégralité du salaire brut du salarié. Toutes les composantes du salaire (base, primes, heures supplémentaires, avantages en nature au-delà des seuils, etc.) sont prises en compte sans limite. Exemple : la cotisation maladie (taux plein 13 %) a une assiette brute déplafonnée : elle s’applique sur 100 % du salaire, quel que soit son montant. De même, les cotisations d’allocations familiales (5,25 % ou 3,45 %) sont calculées sur la totalité du salaire.
- Assiette plafonnée : la cotisation est calculée uniquement sur la part du salaire qui n’excède pas un certain plafond. Ce plafond est souvent le Plafond de la Sécurité sociale (PSS). Exemples : la cotisation vieillesse plafonnée (8,55 % côté employeur en 2026) ne s’applique que jusqu’à 1 PSS annuel (48 060 €). Au-delà de ce salaire, cette cotisation n’augmente plus. De même, l’assurance chômage (4,00 % employeur) est plafonnée à 4 PSS (soit 4 × 48 060 € = 192 240 € en 2026). Toute partie de rémunération au-delà de ce seuil n’est pas soumise à la cotisation chômage.
- Assiette déplafonnée : c’est une base de calcul sans limite supérieure, c’est-à-dire couvrant la totalité du salaire. Ce terme est souvent utilisé pour désigner une cotisation qui s’applique sur l’intégralité de la rémunération, y compris la part au-dessus du plafond. Exemple : la cotisation vieillesse déplafonnée (2,11 % côté employeur en 2026) porte sur 100 % du salaire. Concrètement, pour les salaires jusqu’au plafond, on cumule donc deux cotisations vieillesse : l’une plafonnée (8,55 % employeur sur la tranche jusqu’à 1 PSS) et l’autre déplafonnée (2,11 % employeur sur le brut total). Pour la part du salaire au-delà du plafond, seule la cotisation déplafonnée continue de s’appliquer.
À noter : la CSG/CRDS possède une assiette particulière : 98,25 % du brut, un abattement de 1,75 % est appliqué sur le salaire brut dans la limite de 4 PSS. On ajoute au salaire brut abattu d’autres éléments comme la part patronale de mutuelle et la part prévoyance.
Il existe donc des assiettes dérogatoires pour certaines contributions, mais en pratique la plupart des cotisations entrent dans les trois catégories ci-dessus (salaire total, salaire plafonné, ou part excédentaire déplafonnée).
Comparatif : Évolution des taux de cotisations 2026 par rapport à 2025
Comment les taux de cotisations 2026 se comparent-ils à ceux de 2025 ? Le tableau ci-dessous met en parallèle quelques taux importants de 2025 et de 2026, afin de visualiser les hausses, baisses ou maintiens à l’identique. Les évolutions marquantes sont soulignées :
| Cotisation (sélection) | Taux 2025 | Taux 2026 | Évolution |
| Vieillesse déplafonnée (part patronale) | 2,02 % | 2,11 % | +0,09 pt (hausse) |
| Assurance chômage (part patronale) | 4,05 % (puis 4,00 %*) | 4,00 % | –0,05 pt (baisse) |
| AT/MP (taux moyen national) | 2,12 % | 2,08 % | –0,04 pt (baisse) |
| Maladie (cotisation patronale) | 7 % / 13 % | 13 % | Fin d’exonération |
| Allocations familiales (patronale) | 3,45 % / 5,25 % | 5,25 % | Fin d’exonération |
| Vieillesse (part salariale totale) | 7,30 % | 7,30 % | Stable |
| CSG + CRDS (part salariale) | 9,70 % (total) | 9,70 % (total) | Stable |
* Le taux de cotisation chômage était de 4,05 % jusqu’au 30 avril 2025, puis a été abaissé à 4,00 % au 1er mai 2025. En 2026, le taux est uniformément 4,00 % sur l’année.
FAQ – Taux de cotisations 2026
► Quels sont les principaux changements de taux en 2026 ?
La vieillesse patronale déplafonnée passe à 2,11 % et le taux moyen AT/MP diminue à 2,08 % (votre taux réel dépend de la notification CARSAT).
► Le plafond de la Sécurité sociale 2026 change-t-il le calcul des cotisations ?
Oui, il augmente la base des cotisations plafonnées (ex. vieillesse plafonnée) et les plafonds de certaines contributions (ex. chômage limité à 4 PSS).
► Quelles cotisations sont calculées sur une assiette plafonnée ?
Typiquement la vieillesse plafonnée (jusqu’à 1 PSS) et le chômage/AGS (jusqu’à 4 PSS), selon les règles indiquées dans votre paramétrage paie.
► Quelle est la différence entre assiette brute et assiette déplafonnée ?
“Brute” décrit la composition de la base (le salaire brut), “déplafonnée” indique qu’il n’y a pas de limite de plafond appliquée.
► Pourquoi la CSG/CRDS est-elle calculée sur 98,25 % du brut ?
Parce qu’un abattement de 1,75 % est appliqué sur le brut pour déterminer l’assiette CSG/CRDS, dans la limite de 4 PSS.
► Le salarié paie-t-il une cotisation chômage en 2026 ?
Non, il n’y a pas de part salariale chômage : la cotisation chômage est à la charge de l’employeur.
► Comment savoir si j’applique le taux réduit ou le taux plein (maladie, allocations familiales) ?
Cela dépend des conditions d’éligibilité (seuil en SMIC / dispositif de réduction) et doit être vérifié dans le paramétrage de votre logiciel et vos règles internes.
► Le taux AT/MP est-il le même pour toutes les entreprises ?
Non, il est variable et fixé par la CARSAT : le taux moyen national ne sert qu’indicativement.
► Le versement mobilité est-il obligatoire et à quel taux ?
Il dépend de la localisation et de l’effectif (≥ 11 salariés) : le taux est variable et doit être vérifié via l’outil officiel dédié.
► Quelles sont les spécificités Alsace-Moselle à intégrer en paie ?
Les salariés ont une cotisation maladie supplémentaire à 1,30 % et la taxe d’apprentissage employeur est spécifique (0,44 % sans solde).





