Forfait jours réduit calcul RTT : c’est le calcul qui permet, en paie/RH, de déterminer le nombre de jours de repos supplémentaires (souvent appelés “RTT” par abus de langage) à attribuer à un salarié au forfait annuel en jours lorsque le forfait est inférieur au standard de l’entreprise (ex. 210, 205, 200).
En effet, quand on baisse le nombre de jours travaillés au forfait (ex. 210, 205, 200), le nombre de jours de repos à attribuer change mécaniquement… à condition de repartir des bonnes données et du bon vocabulaire.
Forfait jours réduit : de quoi parle-t-on exactement ?
Différence entre forfait jours “standard” et forfait jours réduit
Le forfait annuel en jours est un mode d’organisation du temps de travail propre au droit français, qui fixe un nombre de jours de travail sur l’année au lieu d’une durée en heures. Par forfait jours “standard”, on entend généralement le maximum légal prévu par le Code du travail : 218 jours par an (journée de solidarité incluse). Ce plafond de 218 jours est celui qu’on retrouve dans la plupart des accords, et correspond à une année “pleine” de travail en tenant compte des week-ends, congés et jours fériés (nous reviendrons sur le calcul exact).
Un forfait jours réduit désigne donc un forfait annuel inférieur à 218 jours. Par exemple, certains accords collectifs peuvent prévoir un forfait de 210 jours, 205 jours, voire 200 jours par an, selon les besoins de l’entreprise et des salariés. Cela signifie que le salarié concerné s’engage à travailler moins de jours dans l’année qu’un forfait classique. En contrepartie, son nombre de jours de repos augmente d’autant pour ne pas dépasser ce volume de travail réduit. Concrètement, si l’on baisse le forfait de 218 à 210 jours, on “gagne” 8 jours de repos supplémentaires à répartir sur l’année (toutes choses égales par ailleurs) : c’est logique, le salarié doit travailler 8 jours de moins sur l’année, il aura donc 8 jours de repos de plus.
Qui peut en bénéficier d’un forfait jours réduit ?
Pour qu’un forfait annuel en jours (et donc un forfait jours réduit) soit applicable, il faut généralement :
- un accord collectif (ou de branche) qui encadre le forfait jours (modalités de suivi, charge de travail, repos, etc.) ;
- une convention individuelle de forfait signée avec le salarié.
Pourquoi le nombre de jours de repos change quand on baisse le forfait
Tout simplement parce que les jours de repos « RTT forfait jours » servent de variable d’ajustement pour ne pas dépasser le plafond de jours travaillés fixé. Dans un forfait 218 jours standard, on attribue chaque année un certain nombre de jours de repos (qu’on appelle couramment RTT) pour tomber pile sur 218 jours travaillés. Si le forfait annuel est plus bas, il faudra davantage de jours de repos pour arriver au bon compte. Autrement dit, plus le nombre de jours travaillés autorisé est réduit, plus le salarié bénéficiera de journées de repos supplémentaires dans l’année.
La formule de base pour recalculer les jours de repos (forfait jours réduit)
L’idée : partir de tous les jours de l’année et retirer ce qui n’est pas du travail “au forfait”. Le reste devient des jours de repos supplémentaires (souvent appelés “RTT”).
Étape 1 : partir du nombre de jours calendaires
- 2026 (France métropolitaine) : 365 jours
Étape 2 : retirer les week-ends
- En année “standard” : 104 jours (52 samedis + 52 dimanches)
Étape 3 : retirer les congés payés
- Hypothèse classique : 25 jours ouvrés (hors congés supplémentaires)
Étape 4 : retirer les jours fériés en semaine
- On retire uniquement les fériés chômés tombant du lundi au vendredi (selon règle entreprise).
- Les jours fériés tombent en week-end ne “créent” pas de repos supplémentaire.
Étape 5 : retirer le forfait annuel réduit
- Exemple : 210 / 205 / 200 jours travaillés
Résultat : jours de repos à attribuer (RTT / repos supplémentaires)
Formule-type (à adapter à vos règles internes) :
Jours de repos = Jours calendaires – Week-ends – Congés payés – Fériés chômés en semaine – Jours travaillés au forfait (réduit)
Exemples complets (avec le calendrier 2026)
Voici trois exemples concrets de calcul, basés sur l’année 2026. Nous utiliserons les hypothèses standards (France métropolitaine, salarié à temps plein au forfait jours, du lundi au vendredi). Pour rappel, en 2026 il y aura 365 jours, dont 104 week-ends et 9 jours fériés tombant en semaine (hors Alsace-Moselle). Le salarié dispose de 25 jours de congés payés.
Exemple A : forfait 210 jours
Hypothèses : Forfait annuel fixé à 210 jours travaillés (accord collectif et convention individuelle signés en ce sens). Période du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre 2026. Tous les jours fériés nationaux tombant du lundi au vendredi sont chômés (l’entreprise n’impose pas de travailler le lundi de Pentecôte, la journée de solidarité étant accomplie autrement). Le salarié bénéficie des 5 semaines de congés payés légaux, sans congés supplémentaires particuliers.
Calcul pas à pas :
- Jours dans l’année 2026 : 365
- – Week-ends (samedis et dimanches) : –104 → reste 261 jours ouvrables potentiels
- – Jours fériés chômés en semaine (2026) : –9 → reste 252 jours ouvrés potentiels
- – Congés payés (25 jours ouvrés) : –25 → reste 227 jours ouvrés travaillables
- – Jours du forfait 210 : –210 → reste 17 jours.
👉 Résultat : 17 jours de repos RTT sur l’année 2026. Ce salarié travaillera en pratique 210 jours et aura 17 jours de repos (en plus des congés payés et des fériés). Ces 17 jours seront à planifier tout au long de l’année, selon l’accord (souvent posés librement par le salarié avec validation manager).
Exemple B : forfait 205 jours
Hypothèses : Forfait annuel fixé à 205 jours travaillés. Période annuelle complète 2026. Tous les jours fériés en semaine sont chômés (pas de travail le lundi de Pentecôte non plus). Congés payés : 25 jours ouvrés (pas de congés supplémentaires). Pas d’absence particulière sur l’année.
Calcul pas à pas :
- Jours en 2026 : 365
- – Week-ends : –104 → reste 261
- – Jours fériés (chômés) : –9 → reste 252
- – Congés payés : –25 → reste 227
- – Forfait 205 jours : –205 → reste 22 jours.
👉 Résultat : 22 jours de repos RTT pour 2026. En baissant le forfait à 205 jours (soit 13 jours de moins que 218), le salarié obtient logiquement plus de repos : 22 RTT à étaler sur l’année, en complément de ses congés payés.
Exemple C : forfait réduit + jours fériés Alsace-Moselle
Contexte : Prenons le cas d’un cadre en Alsace travaillant sous un forfait annuel en jours réduit (pour varier, prenons 205 jours comme dans l’exemple B). En Alsace-Moselle, deux jours fériés supplémentaires sont officiellement reconnus : le Vendredi Saint (vendredi avant Pâques) et le 26 décembre (Saint-Étienne). Ces jours sont chômés dans la plupart des entreprises de la région.
Hypothèses : Forfait 205 jours sur l’année 2026. Tous les jours fériés légaux applicables localement sont chômés. Congés payés : 25 jours. (On suppose le salarié présent toute l’année.) En 2026, Vendredi Saint tombe le 3 avril 2026 (vendredi) : ce sera donc un jour férié chômé supplémentaire pour notre salarié alsacien. En revanche, le 26 décembre 2026 tombe un samedi – ce jour férié supplémentaire n’apportera pas de jour off en plus, puisqu’il coïncide avec un week-end.
Calcul pour l’Alsace :
- Jours en 2026 : 365
- – Week-ends : –104 → reste 261
- – Jours fériés chômés : on en compte 10 (les 9 jours fériés nationaux en semaine + Vendredi Saint) → –10 → reste 251
- – Congés payés : –25 → reste 226
- – Forfait 205 jours : –205 → reste 21 jours.
👉 Résultat Alsace : 21 jours de repos RTT en 2026. On observe qu’avec les jours fériés supplémentaires de la région, le salarié obtient proportionnellement un tout petit peu moins de RTT que son homologue hors Alsace (21 au lieu de 22). Pourquoi ? Parce qu’un des jours fériés supplémentaires (Vendredi Saint) lui a déjà donné un jour de repos « gratuit » en plus. Le nombre total de jours non travaillés reste sensiblement le même au final. La différence est que une partie des repos est prise en charge par les jours fériés locaux plutôt que par des RTT à poser. C’est transparent pour le salarié, mais l’entreprise, elle, a un jour chômé officiel en plus et un jour de RTT à planifier en moins. En ce sens on peut dire que le calcul est « plus favorable » aux salariés d’Alsace-Moselle car ces jours de repos viennent en sus des 25 CP et autres, sans puiser dans le quota RTT. (Certains secteurs compensent en abaissant légèrement le forfait annuel dans ces régions, mais ce n’est pas une obligation légale tant qu’on respecte le maximum.)
Simulateur : recalculer automatiquement un forfait jours réduit
Pour éviter les erreurs et gagner du temps, le plus simple est d’utiliser notre simulateur forfait jours pour recalculer automatiquement un forfait jours réduit (210, 205, 200 jours, etc.). En renseignant quelques données clés (nombre de jours du forfait annuel, période de référence, …), l’outil calcule instantanément le nombre de jours de repos (RTT / repos supplémentaires) à attribuer, ainsi que le détail du décompte.





