Augmentation de salaire après un congé maternité : règles et calcul
L’augmentation de salaire après un congé maternité peut être obligatoire lorsque des augmentations sont intervenues pendant l’absence de la salariée. Le dispositif légal prévoit un rattrapage associant les augmentations générales et la moyenne des augmentations individuelles du groupe de comparaison.
Pour établir la paie du retour, vous devez donc vérifier l’accord collectif applicable, identifier les salariés comparables et distinguer les éléments de rémunération concernés. Voici comment calculer cette revalorisation et l’appliquer à la bonne date.
L’augmentation de salaire après un congé maternité est-elle obligatoire ?
Une garantie liée aux augmentations intervenues pendant l’absence
L’article L. 1225-26 du Code du travail protège l’évolution de la rémunération au retour du congé maternité.
Le mécanisme légal cumule les augmentations générales et la moyenne des augmentations individuelles de la catégorie professionnelle. À défaut, la moyenne des augmentations individuelles de l’entreprise sert de référence.
Il ne fixe pas un pourcentage automatique pour chaque naissance : il dépend des augmentations intervenues pendant le congé. En l’absence de hausse à prendre en compte, ce dispositif ne déclenche pas, à lui seul, une augmentation.
Vérifier d’abord l’accord collectif
Un accord de branche ou d’entreprise peut organiser cette garantie. Lorsqu’il a été conclu à compter du 25 mars 2006, ses dispositions doivent être au moins aussi favorables que le mécanisme légal.
Les accords antérieurs qui prévoient un autre mécanisme de rattrapage bénéficient de l’exception légale, même si leurs garanties sont moins favorables. L’ancienneté d’une convention collective ne suffit donc pas : vous devez examiner les dispositions qui organisent effectivement l’évolution salariale.
Quels salariés retenir pour calculer la moyenne ?
La circulaire du 19 avril 2007 précise la méthode de comparaison. La catégorie s’apprécie à la date du départ en congé.
| Ordre | Groupe à rechercher |
| 1 | Même coefficient et même type d’emploi |
| 2 | Même niveau de classification si le premier groupe compte moins de deux autres salariés |
| 3 | Même catégorie socioprofessionnelle si le groupe précédent reste insuffisant |
| 4 | Ensemble de l’entreprise si vous ne trouvez toujours pas deux autres salariés comparables |
La catégorie socioprofessionnelle correspond notamment aux ouvriers, employés, professions intermédiaires ou cadres. Le périmètre est l’entreprise, et non le seul établissement ou l’ensemble du groupe.
Incluez les salariés comparables qui n’ont pas été augmentés. Calculer la moyenne uniquement sur les bénéficiaires d’une hausse gonflerait artificiellement le résultat.
L’infographie suivante résume la logique du rattrapage, les étapes de comparaison et les principaux points de vigilance au retour de la salariée.
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Comment calculer le rattrapage salarial ?
Exemple : une hausse générale de 3 % et des hausses individuelles
Reprenons les données de l’infographie : cinq salariés comparables, dont deux ont obtenu une augmentation individuelle pendant le congé.
| Salarié comparable | Augmentation individuelle |
| A | 3 % |
| B | 1 % |
| C | 0 % |
| D | 0 % |
| E | 0 % |
| Moyenne | 0,8 % |
Le calcul est : (3 + 1 + 0 + 0 + 0) ÷ 5 = 0,8 %.
Avec une augmentation générale de 3 %, le rattrapage atteint 3,8 % dans cet exemple, en retenant une même base de calcul pour les deux composantes.
Pour un salaire mensuel brut fictif de 2 500 €, cela représente :
2 500 € × 3,8 % = 95 €, soit un nouveau salaire de 2 595 € brut pour un mois complet.
Ce calcul illustre le mécanisme : si plusieurs augmentations se succèdent avec des dates ou des bases différentes, reconstituez leurs modalités réelles avant de déterminer le montant dû.
Calculer séparément l’évolution d’une prime de poste
Si la salariée bénéficie d’une prime de poste, examinez aussi son évolution. Dans l’exemple fourni, les trois salariés comparables qui perçoivent cette prime obtiennent respectivement 1 %, 2 % et 3 %.
La moyenne est de (1 + 2 + 3) ÷ 3 = 2 %. Une prime fictive de 200 € passe alors à 204 €.
Ces 2 % concernent la prime : vous ne les ajoutez pas au taux de 3,8 % applicable au salaire de base. Une salariée qui ne bénéficie pas de cette prime n’acquiert pas automatiquement un droit à celle-ci par le seul rattrapage.
À partir de quand faut-il appliquer la hausse ?
Après le congé, sauf dispositions plus favorables
La Cour de cassation a confirmé, le 2 octobre 2024, n° 23-11.582, que les augmentations issues de ce dispositif ne sont pas dues pour la période du congé maternité, sauf accord collectif plus favorable. Elles doivent être versées à l’issue du congé pour la période postérieure.
Par exemple, si une augmentation intervient en juin et que le congé s’achève le 31 août, le rattrapage légal s’applique à compter du 1er septembre. Il n’impose pas, à lui seul, de recalculer les rémunérations de juin à août.
Un oubli après le retour doit être régularisé
L’absence de rétroactivité pendant le congé ne dispense pas de corriger une application tardive.
Si la hausse était due au 1er septembre mais n’a été intégrée qu’en novembre, vous devez régulariser les différences de rémunération dues depuis septembre. Il s’agit d’un rappel pour la période postérieure au congé.
Une prime exceptionnelle peut-elle remplacer l’augmentation ?
Non, même si la salariée l’accepte. Dans son arrêt du 14 février 2018, n° 16-25.323, la Cour de cassation a censuré le remplacement de l’augmentation obligatoire par une prime exceptionnelle.
Une somme ponctuelle et une augmentation durable ne produisent pas le même effet. Une prime versée une fois ne revalorise pas les rémunérations des mois suivants.
En pratique, le paramétrage de paie doit traduire la hausse sur les éléments concernés. Une éventuelle prime supplémentaire ne dispense pas de mettre en œuvre le rattrapage légal.
Quels contrôles effectuer en paie ?
Pour fiabiliser le traitement, préparez une fiche de calcul avant la paie du retour.
| Personne concernée | Contrôles et actions pratiques |
| Employeur ou service RH | Identifier l’accord applicable, transmettre les décisions d’augmentation et documenter le groupe de comparaison |
| Gestionnaire de paie | Vérifier les dates, calculer chaque composante, mettre à jour les rubriques concernées et contrôler les éventuels rappels |
| Salariée | Comparer les montants avant et après le congé et demander une explication du calcul si nécessaire |
Conservez notamment les dates du congé, la classification au départ, les taux individuels retenus et les salariés comptabilisés à 0 %. Cette traçabilité permet d’expliquer le résultat et de corriger rapidement une erreur.
Sur le bulletin, contrôlez la rémunération brute revalorisée, les primes concernées et la période d’effet. Si le retour intervient en cours de mois, vérifiez que le logiciel applique le nouveau montant à la période correspondante.
Ne déduisez pas le pourcentage d’augmentation du seul net à payer : celui-ci dépend aussi des cotisations, du prélèvement à la source et des autres éléments du mois.
La garantie concerne-t-elle aussi le congé d’adoption ?
Oui. L’article L. 1225-44 du Code du travail prévoit un dispositif équivalent pour les salariés revenant d’un congé d’adoption.
Vous devez donc effectuer le même examen des garanties conventionnelles, des augmentations générales et des augmentations individuelles. Le bénéfice de cette protection ne dépend pas du sexe du salarié qui prend le congé d’adoption.
FAQ
➡️ Faut-il attendre la prochaine campagne annuelle d’augmentation ?
Non. Dès lors que le rattrapage est dû à l’issue du congé, son application ne doit pas être reportée à la campagne salariale suivante.
➡️ Que se passe-t-il si un congé parental suit immédiatement le congé maternité ?
Selon les précisions administratives, le rattrapage s’applique au retour dans l’entreprise après le congé parental. Pour ce mécanisme, seules les augmentations intervenues pendant le congé maternité ou d’adoption sont retenues, sous réserve de garanties plus favorables.
➡️ La salariée doit-elle recevoir la plus forte augmentation de ses collègues ?
Non. Le mécanisme légal retient la moyenne des augmentations individuelles du groupe de comparaison, et non la hausse la plus élevée.
➡️ L’employeur peut-il accorder davantage que le rattrapage calculé ?
Oui. Le dispositif légal constitue un minimum et n’interdit pas une augmentation supérieure.
➡️ Comment vérifier le calcul sans connaître le salaire des collègues ?
Vous pouvez demander au service RH les critères de comparaison, le nombre de salariés retenus, la moyenne appliquée et la date d’effet. Une explication chiffrée anonymisée permet de comprendre le calcul sans communiquer les bulletins nominatifs des collègues.





