Jours fériés garantis HCR : quelles différences avec les autres jours fériés ?
Un jour férié tombe sur le repos habituel d’un salarié de votre hôtel ou restaurant. Devez-vous lui accorder une compensation ? Pour répondre, vous devez distinguer les jours fériés garantis HCR des autres jours fériés.
Cette distinction permet de traiter correctement le planning, les droits à repos et les éventuelles indemnités. Voici les règles à connaître et une méthode pratique pour sécuriser leur suivi en paie.
Qui bénéficie des jours fériés garantis HCR ?
Le régime présenté concerne les établissements permanents relevant de la convention collective des hôtels, cafés et restaurants, IDCC 1979.
L’ancienneté requise est d’un an dans le même établissement et/ou la même entreprise. Les contrats saisonniers relèvent de dispositions particulières : il faut donc identifier le régime du salarié avant de traiter ses droits.
Avant un an d’ancienneté, le salaire peut déjà être maintenu
La condition conventionnelle d’un an ne signifie pas qu’un salarié plus récemment embauché perd systématiquement son salaire lorsqu’un jour férié est chômé.
Le Code du travail prévoit le maintien du salaire pour un jour férié chômé dès trois mois d’ancienneté, sous réserve des catégories exclues par la loi. Il faut distinguer cette protection légale du bénéfice des jours garantis.
Jour férié garanti ou autre jour férié : quel traitement appliquer ?
Un jour férié est chômé lorsque le salarié ne travaille pas en raison de ce jour férié. Il coïncide avec un repos lorsque le salarié n’aurait, de toute façon, pas travaillé selon son planning.
Cette différence est essentielle pour comprendre le tableau suivant.
| Situation du salarié | Jour férié garanti | Autre jour férié |
| Le jour tombe sur un repos | Journée de compensation ou indemnisation équivalente | Aucune compensation ni indemnisation |
| Le jour est chômé alors que le salarié devait travailler | Rémunération maintenue | Salaire non réduit |
| Le jour est travaillé car la présence du salarié est nécessaire | Rémunération habituelle, plus une journée de compensation ou une indemnisation équivalente | Rémunération du travail effectué et droit à une journée de compensation |
Ces règles résultent de l’annexe II de l’avenant n° 2 du 5 février 2007, à lire avec les modifications apportées par l’avenant n° 6 du 15 décembre 2009. Pour les autres jours fériés travaillés, ce dernier prévoit expressément une journée de compensation.
L’infographie suivante permet de retrouver rapidement le traitement applicable selon la catégorie du jour férié et la situation du salarié.

Un jour garanti n’est pas obligatoirement un jour non travaillé
Le mot « garanti » désigne un droit préservé malgré les contraintes du calendrier et de l’activité. Il ne signifie pas que l’établissement doit fermer.
Lorsque le salarié bénéficie déjà du jour chômé avec maintien de sa rémunération, ce jour satisfait le droit correspondant : il ne faut pas ajouter automatiquement une seconde journée de compensation.
Le planning permet de comprendre la situation
Prenons un serveur dont le repos habituel est fixé au lundi. Pour traiter un lundi férié, commencez par vérifier sa catégorie dans le suivi de l’établissement, puis consultez le planning.
À l’inverse, si le salarié devait travailler mais que l’établissement ferme pour le jour férié, il s’agit d’un jour chômé. Dans votre outil de suivi, ces deux situations doivent être identifiables séparément pour éviter les erreurs de compteur.
Comment suivre les compensations pendant l’année ?
Attendre décembre pour reconstituer les événements rend le contrôle difficile. Un suivi au fil de l’année permet de rapprocher les plannings, les repos accordés et les paiements.
Vous pouvez utiliser un tableau comportant les informations suivantes :
| Information à suivre | Utilité pour le contrôle |
| Date du jour férié | Retrouver le planning concerné |
| Catégorie du jour | Identifier le traitement applicable |
| Situation : travaillé, chômé ou repos | Comprendre l’origine du droit |
| Compensation à accorder | Préparer sa planification |
| Date de prise du repos | Justifier la consommation du droit |
| Indemnité versée et mois de paie | Retrouver le paiement |
| Solde restant à traiter | Préparer le bilan annuel |
Conseil pratique : désignez une personne responsable de la mise à jour du tableau et prévoyez un rapprochement régulier avec les variables transmises au gestionnaire de paie.
Une compensation planifiée doit pouvoir être reliée au droit qu’elle solde. Cette traçabilité limite les doubles décomptes et facilite les réponses aux salariés.
Comment régulariser les jours garantis en fin d’année ?
À la clôture de l’année civile, l’employeur contrôle les droits effectivement satisfaits et informe par écrit le salarié du solde restant dû.
Avec l’accord de l’employeur, ce solde peut être pris ou indemnisé pendant les six mois suivants. À l’expiration de ce délai, les jours encore dus doivent être rémunérés.
Pour préparer ce bilan, rapprochez trois éléments : le compteur, les plannings et les indemnités déjà versées. Une journée ne doit pas apparaître simultanément comme indemnisée et restant à prendre.
Conservez ensuite l’information écrite remise au salarié avec le détail du solde et les justificatifs correspondants. Programmez également une alerte avant l’échéance de régularisation.
Quelles précautions prendre pour un salarié à temps partiel ?
Le temps partiel nécessite de vérifier la répartition contractuelle du travail sur la semaine, et pas seulement le nombre d’heures.
Lorsque le travail est réparti sur moins de cinq jours par semaine, la compensation ou l’indemnisation d’un jour garanti coïncidant avec un repos hebdomadaire est calculée au prorata. Le chômage d’un jour férié ne doit pas réduire le salaire.
Avant de paramétrer le compteur, consultez le contrat et ses avenants. Deux salariés ayant la même durée hebdomadaire peuvent avoir des répartitions différentes : un paramétrage fondé uniquement sur le taux d’activité risque donc de manquer une information essentielle.
Pourquoi traiter le 1er mai séparément ?
Le 1er mai est en principe chômé. Le travail reste possible dans les établissements qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent pas l’interrompre.
Lorsqu’un salarié travaille le 1er mai, il reçoit, en plus du salaire correspondant au travail effectué, une indemnité de même montant. Cette règle de double rémunération ne doit pas être étendue automatiquement aux autres jours fériés.
Dans le logiciel de paie, prévoyez donc un traitement distinct pour éviter qu’une rubrique conçue pour le 1er mai soit utilisée pour toutes les autres dates.
Quels contrôles effectuer en paie et dans la gestion RH ?
Pour l’employeur
Avant de transmettre les variables, vérifiez la convention applicable, l’ancienneté du salarié, son planning et la catégorie du jour concerné.
Organisez ensuite les compensations avec un suivi suffisamment précis pour retrouver ce qui a été accordé et ce qui reste à traiter.
Pour le salarié
Le salarié doit pouvoir comprendre l’origine de son solde. Une présentation distinguant les jours concernés, les repos pris et les indemnités versées facilite ce contrôle.
En cas d’écart, la date du jour férié et le planning constituent les premiers éléments à rapprocher avec le service RH.
Pour le gestionnaire de paie
Pour chaque variable reçue, posez-vous trois questions :
- Quelle situation le planning établit-il ?
- Quelle contrepartie a été retenue ?
- Le droit a-t-il déjà été traité dans un compteur ou une paie précédente ?
Lorsqu’une indemnisation est transmise, utilisez un libellé permettant d’identifier son objet. Conservez également le détail du calcul et le lien avec le compteur.
Pour un jour chômé avec maintien du salaire, contrôlez qu’aucune retenue d’absence injustifiée n’a été générée. Pour une compensation prise, vérifiez la cohérence entre le planning validé et le solde enregistré.
FAQ sur les jours fériés garantis HCR
➡️ Un jour garanti travaillé est-il automatiquement payé double ?
La contrepartie peut prendre la forme d’une journée de compensation ou d’une indemnisation équivalente, en plus de la rémunération habituelle. Le doublement légal propre au 1er mai doit être traité séparément.
➡️ Un jour férié chômé et payé doit-il aussi être compensé ?
Pour un jour garanti, le chômage avec maintien de la rémunération satisfait déjà le droit correspondant. Une compensation supplémentaire n’est donc pas automatiquement due.
➡️ Faut-il récupérer les heures d’un jour férié chômé ?
Non. Les heures perdues du fait du chômage d’un jour férié ne sont pas récupérables.
➡️ Comment vérifier qu’une compensation a bien été prise ?
Rapprochez la date du repos accordé avec le planning validé et le mouvement enregistré dans le compteur. Un simple solde global ne permet pas toujours d’identifier l’origine d’un écart.
➡️ Pourquoi certains textes mentionnent-ils encore cinq jours garantis ?
L’annexe de 2007 contient encore des exemples fondés sur l’ancien dispositif. Il faut la lire avec l’avenant de 2009, qui a porté le régime à six jours garantis et quatre autres jours.





